Apprendre en public : pourquoi documenter son parcours change tout
Et si ce blog était lui-même la meilleure preuve qu'apprendre en public change tout ? Pourquoi documenter son parcours accélère l'apprentissage.
Le jour où j'ai publié mon premier article sur ce blog, j'ai hésité pendant presque une semaine avant de cliquer sur « Publier ». Qui suis-je pour expliquer comment j'ai monté un tunnel GRE entre deux Debian ? Il y a des centaines de personnes plus compétentes que moi sur le sujet. Pourquoi est-ce que quelqu'un lirait ce que j'écris ?
Et puis j'ai publié quand même. Et ce blog, celui-là même que tu es en train de lire, est devenu la meilleure preuve de ce que je veux te raconter aujourd'hui : apprendre en public change complètement la manière dont on apprend.
Apprendre en public, qu'est-ce que c'est concrètement
Apprendre en public, ce n'est pas attendre de maîtriser un sujet pour en parler. C'est documenter son parcours en temps réel : ses essais, ses erreurs, ses petites victoires, pendant qu'on est encore en train d'apprendre pas une fois qu'on est devenu expert.
Ce n'est pas réservé aux développeurs ou aux blogueurs tech. Ça peut être un fil X, des notes partagées, des vidéos, ou littéralement un blog comme celui-ci, où je raconte ce que je découvre au fur et à mesure, sans attendre d'avoir « le droit » de m'exprimer sur le sujet.
Ce que ce blog m'a appris sur le fait d'apprendre en public
Quand j'ai commencé à écrire ici, je pensais que le but, c'était de partager ce que je savais déjà. En réalité, c'est l'inverse qui s'est produit : c'est l'écriture elle-même qui m'a forcé à vraiment comprendre ce que je pensais déjà maîtriser.
Essayer d'expliquer pourquoi tester m'a fait progresser plus vite que lire, ou pourquoi le syndrome de l'imposteur frappe particulièrement fort en autodidacte, m'a obligé à structurer des intuitions vagues en idées claires. Un truc qu'on a juste « ressenti » ne tient pas la route à l'écrit : il faut le formuler, l'argumenter, parfois se rendre compte qu'on n'est pas si sûr que ça de ce qu'on pensait savoir.
Documenter, c'est un test de compréhension grandeur nature. Si tu n'arrives pas à expliquer simplement un sujet, c'est souvent le signe que tu ne le maîtrises pas encore aussi bien que tu le crois.
Le retour des autres change tout
Il y a aussi quelque chose que la lecture solitaire ne donne jamais : le retour des autres. Quand quelqu'un commente un article, pose une question, ou simplement ouvre l'email que j'envoie, ça crée une boucle que je n'avais pas en apprenant seul dans mon coin.
Je le vois très concrètement dans les statistiques de ce blog : certains articles sont ouverts par la quasi-totalité des abonnés, d'autres beaucoup moins. Ces chiffres ne sont pas juste de la vanité, ils me disent ce qui résonne vraiment, ce qui aide réellement les gens, et ça m'aide à son tour à mieux comprendre ce qui mérite d'être approfondi.
C'est exactement le même principe que dans mon article sur le fait qu'apprendre seul n'est jamais vraiment être seul : documenter publiquement, c'est se créer un réseau de retours qu'on n'aurait jamais en restant silencieux.
On n'a pas besoin d'être expert pour commencer
Le plus gros frein à l'apprentissage en public, c'est la peur de ne pas être légitime. « Je ne suis pas assez bon pour en parler. » Sauf qu'on ne le sera jamais assez si on attend ce moment précis pour commencer.
Le secret, c'est de ne pas écrire pour les experts du sujet, mais pour la version de soi-même d'il y a six mois. Si l'article que je publie aujourd'hui aurait aidé l'Arthur qui débutait l'an dernier, alors il a déjà rempli son rôle, peu importe le niveau d'expertise des autres lecteurs.
Quelques pistes pour se lancer
- Commencer petit. Un post, une note, un fil de quelques lignes suffit pour démarrer. La régularité compte plus que la perfection.
- Écrire pendant l'apprentissage, pas après. C'est à chaud, en plein doute ou en pleine découverte, que les idées sont les plus utiles à documenter.
- Accepter l'imperfection. Un article publié et imparfait apprend plus qu'un article parfait jamais terminé.
- Choisir un format qui ne demande pas trop d'efforts au départ. Texte, audio, vidéo, peu importe, l'essentiel est de pouvoir tenir la cadence dans la durée.
- Relire son propre parcours de temps en temps. Se relire quelques mois plus tard est souvent la meilleure preuve concrète des progrès accomplis.
En conclusion
Ce blog n'est pas né d'une expertise à partager, mais d'une envie de documenter un parcours en cours de route. Et c'est précisément cette transparence, cette absence de filtre entre l'apprentissage et le partage, qui en fait sa valeur pour les lecteurs, mais peut-être encore plus pour moi-même.
Si tu hésites à documenter ton propre parcours, ne pense pas à ce que tu pourrais apprendre aux autres. Pense à ce que ça va t'apprendre à toi.